La petite fille de monsieur Linh de Philippe Claudel

La petite fille de Monsieur Linh

de Philippe Claudel

éditions Stock

28 Août 2005

résumé (source : Evène.fr) : Monsieur Linh, un vieux monsieur, fuit sa patrie – est-ce le Vietnam ? – après la mort de son fils et de sa belle-fille. Il emmène avec lui Sang Diû, sa petite fille, la prunelle de ses yeux, bébé calme et obéissant qui aime que son grand-père lui chante une chanson : ‘Toujours il y a le matin / Toujours revient la lumière / Toujours il y a un lendemain / Un jour c’est toi qui seras mère.’ Philippe Claudel raconte l’épopée d’un expatrié en France, les conditions pénibles, voire hostiles, auxquelles il est soumis, ses rencontres et les amitiés qui se lient.

Réflexion et noirceur

La Petite Fille de Monsieur Linh, tout comme Les Âmes Grises et Le Rapport de Brodeck, nous parle de guerre. Tout comme dans Le Rapport de Brodeck, on pense à une guerre, celle du Vietnam, mais jamais Claudel ne nous le précise, l’assure. Ça peut être cette guerre à laquelle on pense grâce à la consonance des noms et d’autres indices, mais ça peut aussi être n’importe quelle guerre moderne.

Avec cette évocation de la guerre, il y a toute cette noirceur à laquelle Philippe Claudel semble tellement attaché : la mort, l’horreur, la culpabilité. De la même manière que dans ses autres livres, il l’approche à travers les souvenirs d’un personnage, Monsieur Linh, un vieil homme expatrié en France qui semble survivre uniquement par obligation envers sa petite-fille, Sand diû, qu’il doit élevé. Il a vécu la mort de son fils, de sa belle-fille et de tous son village, la fuite et l’immigration. Il ne veut plus vivre. Et pourtant il sort pour faire du bien à la petite. Mais il n’aime pas ce pays sans odeur, avec trop de monde et avec trop de dangers. Et il y a la barrière de la langue. Pourtant, monsieur Linh va rencontrer Bark, un français, qui, malgré cette barrière, va devenir son ami. Claudel nous parle de l’existence de cette barrière, qui n’empêche pas tout mais qui reste dangereuse, surtout quand monsieur Linh va se retrouver dans une maison de retraite, enfermé, et qu’il ne pourra pas expliquer qu’il veut voir son ami.

A partir de la rencontre avec monsieur Bark, une autre histoire va se mettre en place, une histoire que Monsieur Linh ne comprend pas, mais que Bark lui confie, et donc confie à nous aussi, lecteurs. Bark est veuf, tout comme Monsieur Linh, et est toujours en deuil. Il a aussi un lien avec « le pays » de Monsieur Linh : quand celui-ci confie le nom de son pays, Monsieur Bark pleure et lui avoue son implication dans une ancienne guerre là-bas, la destruction d’un monde parfait, l’assassinat d’un peuple pacifique. Claudel nous montre la culpabilité d’un soldat envoyé à la guerre avec cette scène déchirante.

La fin nous parle d’illusion, et de l’utilité de l’illusion.

A travers ces deux histoires pleines de noirceur, Claudel cherche à nous faire réfléchir sur l’utilité d’une guerre et ses conséquences, sur l’utilité de l’illusion (presque de la folie), sur l’amitié, sur l’immigration, sur la vieillesse ; sur la vie.

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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9 commentaires pour La petite fille de monsieur Linh de Philippe Claudel

  1. valérie dit :

    Et le retournement de situation final nous prend vraiment au dépourvu. C’est pour cela que j’ai adoré ce roman.

  2. denis dit :

    un auteur que je voudrais lire car j’aime l’Histoire et je sais que ses livres sont très intéressants
    il faut que je m’engage en 2010 à lire cet auteur, donc

  3. Rasta-Girl dit :

    Ouaaaarf ! Je suis encore très très loin de t’égaler, question critique Oo’ !
    [Cependant, je compte bien m’entraîner, Héhé ! ;D]
    La petite fille de Monsieur Linh ! Je voulais l’acheter, samedi, à la librairie mais il était en RUPTURE DE STOCK !!! ;(
    En tout cas, énorme ton billet ! J’ai pas encore eu le temps de regarder tout ton blog, mais je vais le faire 😀 .
    Bonne continuation en tout cas ! 😀

    • constance93 dit :

      je te conseille plus Le Rapport de Brodeck : plus long mais également plus intéressant, plus « dur » et beaucoup plus abouti.
      mais si c’est pour découvrir l’auteur, La petite fille de monsieur Linh est pas mal 😉
      ne lis pas tout mon blog : tu en as pour des heures, il a presque une an (déjà ! , ce qui me fait réaliser que j’ai ouvert mon blog au même age et presque au même moment de l’année que toi 😛 ) ^^
      si tu veux, je te conseille les critiques « à lire » sur livraddict 😉

      (et tu n’es pas loin de m’égaler 😛 )

  4. Rasta-Girl dit :

    Je connais un tout petit peu Claudel.
    Pour ton blog, t’as dû y passer du temps ! O_o’ 😀
    J’irai faire un tour sur les critiques de Livraddict 😉

    • constance93 dit :

      tente celui que tu veux alors de Ph Claudel 😉
      j’y passe du temps, mais un blog, ça se fait sur la durée. ça ne m’a jamais bouffé du temps en quantité astronomique, c’est juste que j’y passe un peu de temps toutes les semaines 🙂
      tiens, ça me fait penser d’aller sur livraddict aujourd’hui 😉

  5. Rasta-Girl dit :

    Mdr ! Moi, je passe plus de temps sur Livraddict que sur mon blog… Je n’oublie jamais d’y aller x)

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