Un Sentiment de Natascha Cucheval

15/21

J’ai décidé de lire ce livre quand son auteur m’a contacté sur le blog de ma c lasse. J’explique un peu : j’avais mis sur le blog de ma classe la sélection Goncourt du premier roman en mettant entre parenthèses « pour ceux que ça intéresse ». Deux jours après, mon prof de français me glisse qu’une auteur de la sélection a laissé un commentaire sur mon article. Dès le soir, je passe y faire un tour et je lis ce que me dis Natasha Cucheval :

« Euhh, moi ça m’intéresse. Mon bouquin est dans cette fameuse sélection…! J’ai fait Joseph Loth, bac en 93. J’avais un prof de français incroyable. Bonne route à vous. »

Et voilà toute l’histoire. Bon, je vous raconte ce roman ?

Sentiment à la dérive

Le titre n’est pas très encourageant pour la suite. Elle non plus n’est pas très positive d’ailleurs. Un Sentiment nous raconte l’histoire d’une jeune documentaliste qui réalise un reportage sur le débarquement et, mue par une promesse qu’elle a faite à l’un des anciens combattants, part en Nouvelle-Zélande l’interviewé. On sent de l’immaturité en elle, on ne comprend pas trop sa démarche de réaliser un documentaire, ou d’analyser son monde d’une manière neuve. Peut-être ressent-on aussi cette immaturité dans l’écriture de Natasha, mais on se dit encore que c’est normal pour un premier roman.

Il y a aussi cette gêne, toujours présente : nous sommes à la limite de rentrer dans les sentiments de notre narratrice, mais on a toujours l’impression de n’en effleurer que la surface. Il en va de même pour Jo, l’autre personnage de ce roman. On sait qu’il est vieux, raciste,  réactionnaire, et amoureux de la narratrice qu’il appelle Cosette. Mais là encore, n’est-ce pas que la surface ?

On touche quand même plus au fond. A travers le point de vue interne sur sa jeune narratrice, Natasha Cucheval nous parle en effet bien de la peur de la vieillesse et de l’antipathie que suscite les vieux sur la nouvelle génération, celle de son héroïne et la mienne.

On hésite toujours avec ce roman à savoir si « c’est fait exprès » ou pas, notamment pour l’écriture. Son ton sec et simple, qui va avec l’antipathie qu’il y a entre Nathalie et Jo, qui se transforme un peu en style doux et « lyrique » quand la narratrice ressent de la pitié et de la compréhension pour Jo, est-il véritablement travaillé pour cela ? Ou bien est-ce simplement un trait de caractère de l’auteur ? La construction du récit un peu désorganisée avec des changements de point de vue mais finalement assez banale avec un déroulement sur peu de temps et une focalisation interne tout a fait classique est-elle véritablement maîtrisée ? L’absence des personnages qui gravitent autour de l’héroïne apporte-t-elle réellement quelque chose ou relève-t-elle d’une simple erreur qui nous pousse hors du réalisme qui entoure le reste de l’histoire des sentiments de la narratrice ? Je reste sceptique.

Cependant, ce livre est un premier roman, et je pense véritablement que Nathalie Cucheval peut, à force d’écrire, réaliser un roman véritable qui nous entraîne au-delà de notre imagination. Pour l’instant, Un Sentiment ressemble un peu à une ébauche de roman…

Un Sentiment

de Natascha Cucheval

éditions Fayard

26 Août 2009

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A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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