Angelo, tyran de Padoue, texte de Victor Hugo, mise en scène de Christophe Honoré

Je sais, mon  blog est normalement un espace pour parler de mes lectures, mais, même en ayant lu la pièce de Victor Hugo au préalable, je préfère parler de la version que j’ai vu mardi dernier au grand théâtre de Lorient…

Théâtre et cinéma, cinéma et théâtre.

C’est sur ses deux tableaux que Christophe Honoré joue tant dans son cinéma que dans sa dernière en date et (presque) première mise en scène théâtrale. Elle est une adaptation d’Angelo, tyran de Padoue, une pièce méconnue de Victor Hugo. Avec elle, il a magnifiquement mis en relation le texte théâtral qu’il respecte en grande partie (ajout de quelques scènes) et la modernité (cinéma, intemporalité, hors-champ…).

La scène était quant à elle divisée en deux parties selon sa hauteur, et en deux dans « l’étage » du dessous. La pièce de Victor Hugo se déroulait dans la partie basse et variait entre l’appartement du tyran et la chambre de Catarina. Le décor est d’ailleurs mouvant et ressemble un peu à un décor de cinéma. Au-dessus, deux espions ou plus amusent le public avec un humour plutôt bas (et lourd) en contraste avec le tragique de la pièce du dessous. Les espions surveillent la scène du dessous, mais nous ne comprendrons cela que vers la fin.

Les costumes des personnages principaux (le quatuor amoureux : le tyran, la Tisbe, Rodolfo et Catarina, l’épouse du tyran, l’amante de Rodolfo) sont presque intemporels. Les accessoires peuvent par contre être moderne (pistolet, canapé…). L’accessoire le plus utilisé dans la pièce est un micro qui est peut-être là pour montrer au spectateur qu’il observe là une scène privée amplifiée par le théâtre. Le preneur de son qui le tien est un espion qui tend la perche à ses interlocuteurs pour mieux les enfoncer.

Les jeux de lumière, notamment pour les deux monologues (celui de Tisbe et celui d’Hugo), sont aussi une technique du cinéma : avec eux, nous avons l’impression d’être sur un « gros plan » ou un « moyen plan », etc.

On peut aussi parler de mélange théâtre/cinéma par le choix des acteurs puisque ceux-ci peuvent venir du cinéma comme du théâtre. Le deux actrices, l’une de théâtre, Clotilde Hesme, et l’autre de cinéma, Emmanuelle Devos, sont lumineuses et formidables.

La place de l’intime est elle aussi importante, comme dans tous l’univers de Christophe Honoré. Le théâtre semble d’ailleurs un moyen nouveau d’exprimer plus profondément l’intime, le sentiment amoureux : plus lyrique, plus mis en scène, plus expressionniste.

Le cinéma réapparaît dans la scène finale, ajoutée par Christophe Honoré, qui présente une séquence audio-visuelle présentant une suite à Angelo, tyran de padoue : celle de la rupture entre deux protagonistes censés être heureux. Nous sommes transportés dans le Paris d’aujourd’hui avec une musique porteuse de sentiments forts et laissons là la pièce de Victor Hugo mise en scène par Christophe Honoré.

De Victor Hugo
Mise en scène de Christophe Honoré
Avec Jean-Charles Clichet, Anaïs Demoustier, Emmanuelle Devos, Marcial di Fonzo Bo, Clotilde Hesme, Julien Honoré, Hervé Lassïnce, Sébastien Pouderoux

 

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A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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