Le pays de la cannelle de William Ospina

8/14

.

.

.

Entre Aventure et Histoire

Le pays de la cannelle de William Ospina nous conte les aventures d’un jeune espagnol né sur l’ïle de Saint-Domingue, au large des côtes d’Amérique latine. L’écrivain colombien signe ici un livre plein de richesse, celle de la langue, celle de l’histoire et enfin celle de l’aventure.

A travers le récit que le narrateur confie à un ami au moment de son retour au Pérou après avoir passé une grande partie de sa vie en Europe et vécu un voyage éprouvant rempli d’illusions perdues, de privations et de batailles, William Ospina nous raconte l’histoire de la conquête espagnole. Il en dénonce l’atrocité et la brutalité, la destruction d’une civilisation riche et sa domination, le vol de toutes les richesses d’un peuple pacifique et le manque d’humanité commun aux commanditaires et aux exécutants de ce pillage. Nous rencontrerons également les légendes millénaires indiennes, la servilité des indiens, la richesse de leur religion et de leurs réalisations et la variété de leur peuple.

C’est également une grande aventure que nous conte William Ospina dans un style baroque et poétique. Tout comme cette langue si faussement douce et énivrante, nous allons traverser avec le narrateur le plus grand fleuve connu à ce jour. Privations, batailles, maladies et découvertes seront à chaque tournant du fleuve si tourmenté derrière ses apparences calmes. Calme au moment des descriptions d’une nature inviolée, le rythme s’accèlère et produit des chocs quand la violence des hommes vient détruire cette quiétude.

Ce récit est également celui d’une quête d’identité poursuivie par notre narrateur partagé entre ses racines indiennes et espagnoles. Honteux de sa culture indienne et pourtant envoûté par elle, il subira le remords qui le fera fuir en Europe, à la recherche des racines inexistantes de son père conquistador. Culpabilisé de la violence des siens, il sera pourtant toute sa vie soldat, sans être capable « d’en tuer beaucoup et de rire au milieu du massacre », il s’assoira sur son statut d’aventurier pour passer en Europe et conté sa découverte d’un nouveau monde. Il nous parle plusieurs fois des différents récits qu’il a du faire de son aventure sur la grand fleuve, devant chaque fois s’adapter à son public, presque toujours désintéressé de l’essentiel.

A travers un récit d’aventure, William Orsena nous offre donc une plongée dans une Histoire à la fois glorieuse et horrible. Les méandres du grand fleuve nous guide vers une réflexion sur la conquête, sur l’identité, sur les différences, sur le pouvoir, sur les occidentaux et sur les hommes en général. Il nous entraîne dans un autre monde lointain et passé tout en nous plongeant dans une quête spirituelle à la recherche de nous-même.

Un livre semblable à son contexte : magique comme la forêt amazonienne, riche comme la culture inca et violent comme les conquistadors.

Le pays de la cannelle

de William Ospina

traduit de l’espagnol (Colombie) par Claude Beton

ed JC Lattès

25 Août 2010

.

livre reçu dans le cadre de

la page du livre sur Babelio

Merci à et aux

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
Cet article, publié dans 2 bien, bien, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Le pays de la cannelle de William Ospina

  1. gambadou dit :

    et bien voilà un livre qui a l’air complet. Bonne pioche de la rentrée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s