Pastel Fauve de Carmen Bramly

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Adolescence creuse

Pastel fauve nous raconte l’histoire d’une adolescente sur une nuit. Celle du passage d’un an à l’autre. Celle où elle a perdue sa virginité évidemment. La virginité ressemble ici à la préoccupation principale des adolescentes de quatorze ans, avec la musique rock et les fantasmes autour d’hommes inaccessibles (star, professeur…).

Avec ses manières de petite-fille sage qui condamne et analyse l’alcool et le pétard chez les adolescents, la jeune fille, Paloma (pas Carmen Branly, l’auteure du même âge que son personnage. quoique…), ne peut qu’exaspérer. Sans compter tout l’illogisme présent dans ses propos : soi-disant amoureuse de l’adolescent ténébreux assis à côté d’elle mais encore sous l’emprise d’un fantasme avec un autre, condamnant les jeunes qui boivent de l’alcool mais finissant par en boire à l’excès, affirmant ne pas avoir d’amis mais avoir rencontré plusieurs adolescents avec qui elle serait sorti… Bref, le personnage se discrédite de lui-même. A se contredire lui-même, il se ridiculise jusqu’à devenir une coquille vide. Pour une personnalité pas bien grande (ce qui est tout à fait normal pour un personnage de quatorze ans en recherche de lui-même), le coup est dur. Autre élément exaspérant de sa personnalité : la miss est persuadée de tout savoir.

Le gros problème, c’est que je ne suis pas sûre que Carmen Bramly ait voulu créé un personnage aussi agaçant. Le pire, c’est que le personnage semble ressembler à l’auteure : immature mais persuadée de ne pas l’être, assurée à la limite de la prétention et exaspérante. Carmen Bramly, quinze ans et des poussières, aime en effet étalé dans son livre son vocabulaire soutenu, pour montrer qu’elle n’est pas une idiote, inséré des mots anglais au milieu de son récit pour « parler jeune » et être persuadée que ce mélange des deux lui donne un style personnel et abouti. Grosse erreur évidemment : l’utilisation d’un vocabulaire soutenu et de mots anglais n’offre pas un style à l’auteur, juste de l’exaspération au lecteur non averti du mélange.

La moitié des scènes semblent inutiles au récit, qui donne alors l’impression de ne pas avancer. Ce sont des scènes stéréotypées qui plus est : la bagarre entre deux ados, l’attirance respective entre deux personnages, l’adolescente qui se fait tentatrice, la scène de beuverie… La jeune auteure semble qui plus est parler de choses qu’elle ne connaît pas. Tout semble fantasmé, erroné, terriblement éloigné du réel. Pastel Fauve est un livre écrit bien trop tôt par une adolescente. A quinze ans, cela semble dur d’écrire un bon roman sur l’adolescence, tout simplement parce que l’on manque de recul. Peut-être aurait-il mieux valu alors pour Carmen Bramly attendre dix ans avant d’écrire ce roman, le temps qu’elle grandisse un peu, de manière à nous offrir un livre plus mature et donc plus appréciable.

Alors, peut-être suis-je aussi immature en tant que lectrice que cette adolescente en tant qu’écrivaine, mais je déconseille fortement ce livre, en attendant mieux.

Pastel Fauve

de Carmen Bramly

ed JC Lattès

25 Août 2010

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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16 commentaires pour Pastel Fauve de Carmen Bramly

  1. Richard dit :

    Bonjour Constance,
    J’aime beaucoup tes critiques quand tu n’as pas aimé le livre.
    Tu es incisive et tu prends un ton juste et tranchant … mais toujours dans le respect du difficile travail d’auteur.
    Tu es capable de rendre un livre intéressant même quand tu le déconseilles.
    On serait porté à aller vérifier tes commentaires.
    Te lire est un petit plaisir …
    À quand ton premier roman ?
    Amitiés

    • constance93 dit :

      moi, je n’écris pas. du moins pas pour être lue ou éditée. je n’ai pas la prétention de penser que ce que j’écris en dehors de mes chroniques bloguesques vaut quelque chose. ce sont des mots jetés en l’air qui peut-être un jour aboutiront à quelque chose.
      merci pour le compliment, j’ai un peu peur d’avoir été trop dure. sachant que l’auteure à quinze ans, ça pourrait être dur à entendre comme point de vue.

  2. Gwenaëlle dit :

    Incisive et tranchante, Richard a parfaitement raison… Bon, plus sérieusement, c’est la fille de qui, cette Carmen? 😉

  3. Gwenaëlle dit :

    Carmen Bramly… fille de Serge… édité chez Lattès… et de Marine, éditée elle aussi chez Lattès! Ah mais c’est familial, cette petite affaire-là… Il n’y a pas de hasard et surtout pas de jeune fille de 15 ans éditée après avoir envoyé son manuscrit par la Poste… CQFD!

  4. Seb dit :

    Wouah ! Ce que tu peux balancer ! Mais j’adore. J’ai fait de même pour Boris Bergmann avec sond ernier roman (1000 mensonges), et il m’a même envoyé un message pour se défendre ^^
    Mais bon, en même temps, on n’est pas là pour caresser tous les auteurs dans le sens du poil, surtout ceux qui sont loin de le mériter.

    • constance93 dit :

      à nos yeux, toujours à nos yeux.
      ça me fait très plaisir à moi aussi de balancer sur un livre pas aimé. j’ai toujours peur d’aller un peu loin, mais des fois c’est trop tentant de dire ce que l’on pense pour ne pas le dire 😉

  5. kathel dit :

    Hou là ! Tu n’es pas tendre, mais il n’y a pas de raison de l’être si tu n’as pas accroché, d’autant que tu expliques fort bien tes raisons… Comme quoi il ne suffit pas d’écrire « jeune » pour plaire aux jeunes… et aux autres d’ailleurs !

  6. gambadou dit :

    Voilà un avis bien tranché comme je les aime, mais toujours écrit avec justesse et la convention qu’il faut. Chapeau!

  7. enna dit :

    Moi aussi j’aime beaucoup ta façon de faire une critique négative (justifiée) et pour avoir suivi tes lectures et tes avis depuis quelques temps, je ne pense pas du tout que tu sois une lectrice immature (je te l’ai déjà dit, tu me parais même beaucoup plus mure que moi au même âge (« littératurement » parlant en tout cas 😉 même si à l’époque je croyais être très mature 😉

  8. Livvy dit :

    Je savais qu’elle était la fille de…, ce qui ne me donne aucune envie d’ouvrir le livre et ton avis me conforte dans l’idée. 🙂

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