Compte-rendu – Mon salon du livre de Paris, 19 & 20 mars 2011

Deux jours au salon du livre, ça a été de la foule, des rencontres, du bruit, des dédicaces, des retrouvailles, des pause-cafés plus que bienvenues, des achats, un rythme endiablé, des coups de pompe, des sourires…

Je ne sais pas trop dans quel ordre prendre tout ça pour vous raconter, mais je vais essayer.

Si je devais commencer par le commencement, ça serait le train dans la soirée de vendredi et sa demi-heure de retard plus son arrêt de vingt minutes au milieu du trajet et surtout au milieu de nul part, mais passons ce moment plus que désagréable où la seule chose positive a en retirer est que j’ai pu découvrir que les gens buvaient du café à tout heure du jour et de la nuit dans les gares (grande révélation qui va beaucoup changer ma vie, observez).

Passons tout de suite au samedi où je suis de meilleure humeur, levée tôt et motivée pour ma première journée au salon. Comme la plupart des personnes qui y passent la journée, j’ai pu observer que c’est calme le matin, blindé l’après-midi. Il n’y a pas à dire, je préfère le matin, même si ça manque d’auteurs en dédicace (les auteurs doivent être des lèves-tard). Riche en achats le matin et en dédicaces l’après-midi, je n’ai aucune photo à vous proposer, ayant oublier mon appareil chez moi. Passons. Je n’ai pas envie non plus de vous faire la liste de mes achats ni celle de mes dédicaces, ça n’a pas grand intérêt à mes yeux. Mais je peux vous dire qu’il y en a des belles, des classiques, des touchantes, des illisibles, des personnelles, des orgueilleuses, des drôles et des émouvantes. Au niveau des achats, vous allez rire si vous connaissez un peu mon blog et savez qu’il est très majoritairement dédié aux récits de fiction parce que ce sont majoritairement des essais :

deux de chez Indigènes éditions, parce que ça se lit vite, que ce n’est pas cher et que les personnes du stand étaient sympa,

La désobéissance civile de Thoreau parce qu’il me tente depuis un moment et que c’est publié chez Le Passager clandestin

et un guide de littérature québécoise, parce que je lis beaucoup de littérature française mais pas assez des autres pays francophones (il y a tellement d’autres pays qui utilisent le français d’une manière autre, nouvelle, pertinente ou/et intéressante !) et que du peu que j’ai lu de la littérature québécoise, je sais que j’aime bien.

J’exagère un peu, il y a aussi eu des romans qui correspondent à deux tentations de la blogo : G229 de J-P Blondel (même si c’est Le baby-sitter dont j’ai le plus entendu parler) et Petits Suicides entre amis d’Arto Paasilinna. Ah oui, également un recueil de nouvelles d’Olivier Adam, Passer l’hiver.

Bon, niveaux dédicaces, je dois quand même vous dire que j’ai réussi à obtenir celles d’Olivier Adam, de Mathias Enard et de Laurent Gaudé en 1h30 : un vrai défi étant donné la popularité des auteurs. C’est dur autant d’auteurs que l’on veut rencontrer en dédicaces au même moment ! Et puis, vu le nombre de personnes à dédicacer, c’est dur d’échanger avec eux. Mais bon, je dois avouer que mes quatre livres de Mathias Enard à dédicacer sont plutôt pas mal pour réussir à échanger quelques mots le temps qu’il griffonne sur tous. J’ai également croiser ce jour-là au stand de Verticales Maylis de Kerangal dont j’ai acheté Corniche Kennedy qui m’a l’air plus abordable que Naissance d’un Pont, et qui m’a tout simplement tenté.

Une conférence dans l’après-midi également : « Écrivain, témoin de son temps. » Assez intéressante et avec des intervenants écrivains de qualité (Damian Tbarovsky, jeune écrivain argentin qui démontre d’un grand esprit critique, d’un français parfait  et de remarques pertinentes ; Laurent Gaudé qui a dernièrement écrit Ouragan, récit qui se passe dans l’après-Katrina ; Simonetta Greggio écrivaine italienne qui écrit en français et Per Olov Enquist, une des stars du stand « littératures nordiques » du salon).

Samedi terminé, j’enchaîne le dimanche avec une arrivée pile à l’heure et le même schéma que la veille : pas trop envahi le matin, encore plus rempli que l’après-midi du samedi à partir de 13h. Pas de ballade tranquille entre les stands le matin  comme la veille : plusieurs conférences m’intéressent. « Lecteurs en série de 7 à 77 ans » qui a réuni deux auteurs de séries policières adultes à deux auteurs de séries fantastiques jeunesse (Timothée de Fombelle qui a écrit le fabuleux diptyque Tobbie Loolness et les deux inventrices d’Oksa Pollock) et « 50 ans de littérature africaine » où j’ai encore une fois entendu des auteurs africains défendre l’existence de plusieurs littératures africaines en français et refuser la généralisation (ce sont leurs revendications depuis plusieurs années et j’avais déjà entendu plusieurs auteurs africains aux Etonnants Voyageurs les tenir).

L’après-midi a plutôt mal commencé quant à lui avec la conférence « auteur/éditeur : une complicité à toute épreuve » où j’ai entendu Antoine Gallimard et Antoine Roberts (de chez Stock) nous faire du pipeau pendant une heure en laissant à peine la parole à leurs deux chouchous (avec qui les relations ont toujours semblé bisounours, avec un attachement à leur maison d’édition d’une trentaine d’années, un éditeur qui est aussi un ami fidèle et avec lequel les questions financières ne sont jamais abordés, l’éditeur toujours prêt à prendre des risques pour leurs auteurs…) qui n’ont que peu parlé. On élude les questions qui ne plaisent pas et on répond sans prendre de risques : comme vous le voyez, un véritable partage de la part des intervenants avec le « grand public ».

Heureusement, la rencontre avec Ian McEwan a quant à elle été un véritable plaisir avec un écrivain découvert avec Expiation et que je vais continuer de lire avec plaisir tant sa prose est de qualité, inscrite dans la tradition de la littérature anglophone tout en la renouvelant et n’évitant pas la réflexion sur le genre romanesque et sur le monde moderne (l’histoire du XXe siècle ou alors le monde contemporain avec son dernier roman), et ses propos lors de la conférence révélant une grande personnalité d’écrivain, une personne accessible et sans aucun doute intelligente, cultivée et remplie d’imagination. Je n’ai pas fait la queue pour acheter son dernier roman Solaire au stand de Gallimard parce que la file était vraiment immense.

Par contre, je suis passée une fois encore au stand de L’Olivier pour faire dédicacer Dans la nuit brune d’Agnès Desarthe ainsi qu’au stand de Gallimard pour revoir Alain Mabanckou (déjà rencontré aux étonnants voyageurs) qui m’a reconnu à mon grand plaisir au premier coup d’oeil et avec qui les échanges ont encore été très sympathiques. Après, j’étais plus ou moins crevée, alors j’ai abandonné l’achat et la dédicace du dernier livre de Mathias Malzieu qui me tentait pourtant bien ainsi qu’une conférence avec Mathias Enard sur le thème des légendes. Mais j’ai déjà fait pas mal de choses, non ?

Surtout que j’ai papoté avec des lecteurs dans les files d’attente, rencontré avec grand plaisir Val et même abordé des déclamateurs de poèmes fort sympathiques.

Après, retour en Bretagne dans un train à l’heure où j’ai pu lire un peu plus d’un livre fatiguée mais de bonne humeur.

PS : j’ai trois chroniques en retard qui devraient bientôt arriver : une sur L’énigme du retour de Dany Lafferière (que je n’ai pas été voir au salon malgré le plaisir et les questions que m’ont apporté son livre parce que je sais que j’aurais l’occasion de le croiser aux étonnants voyageurs en mai), une autre sur L’Alcool et la nostalgie de Mathias Enard qui se passe dans un train qui traverse la Russie et la dernière sur Dans la nuit brune d’Agnès Desarthe.

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A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
Cet article a été publié dans quelques aventures livresques (rencontres, festivals, prix...). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

24 commentaires pour Compte-rendu – Mon salon du livre de Paris, 19 & 20 mars 2011

  1. la prison ruinee dit :

    Et au stand Indigènes Editions, il n’y avait pas par hasard : LA PRISON RUINEE. En effet, personne n’en parle mais après le grand succès d’ HESSEL, il vient de sortir un petit livre, aux mêmes éditions Indigènes, dans la même collection : Ceux qui luttent contre le vent, et cette fois-ci d’une inconnue : LA PRISON RUINÉE de Brigitte BRAMI: 40 pages pour 3 euros. Dans toutes les librairies et aussi sur les sites vendeurs concernés.
    Sylvie Crossman : Brigitte Brami, 46 ans, a passé cinq mois à la maison d’ arrêt des femmes à Fleury-Mérogis. Elle en rapporte ce petit chef d ouvre de pensée et d’ écriture, à contre-courant
    de tout ce qui s écrit et se dit sur la prison aujourd’hui’ hui, où la littérature retrouve sa force de vérité et d engagement. Nous vous invitons à faire un accueil aussi enthousiaste au livre de Brigitte Brami, La Prison ruinée, qui sera dans toutes les librairies fin février. Un de nos coups de foudre, un petit bijou littéraire, qui vient rappeler que pour nous, l’engagement passe toujours par l’art. « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer », pour reprendre le slogan de notre cher aîné, notre cher Stéphane. (Indigènes Editions).
    Jef TOMBEUR : C’est un texte littéraire, vous dis-je, subjectif. D’autant plus précieux, peut-être.

  2. kathel dit :

    Merci pour ce compte-rendu très intéressant… tiens je ne connaissais pas le dernier Enard, L’alcool et la nostalgie. J’attendrai ton billet pour avoir une idée plus précise, j’ai déjà Parle-leur de rois, de batailles… dans ma PAL.

    • constance93 dit :

      Parle-leur… est fabuleux. L’alcool et la nostalgie nous emporte quant à lui en Russie, à bord d’un train et au côté d’un personnage en deuil. il est prenant, très bien écrit et on est emporté dans les émotions du personnage au rythme de son voyage. le billet arrive bientôt…

  3. Gwenaëlle dit :

    Chouette encore un compte-rendu de ce grand salon! Apparemment, tu en as bien profité… Bon, la prochaine fois, n’oublie pas ton appareil, étourdie que tu es! :-)))

  4. Stephie dit :

    Un chouette marathon pour toi aussi 😉

  5. amaryllis dit :

    J’y suis allée aussi le samedi, juste le matin, c’est vrai que c’est dommage car pas de dédicace. A 14h, je n’arrivais plus à avancer et fatiguée, j’ai quitté le salon avec pas mal d’achats…

  6. Anne dit :

    Encore un autre point de vue sur le Salon, chouette ! Je suis curieuse du Mathias Enard aussi, j’attendrai de lire ton billet ! Et tu as pu écouter Timothée de Fombelle… J’ai adoré Tobie Lolness et j’ai Vango dans ma PAL…

  7. Valérie dit :

    Ce fut un plaisir de te rencontrer Constance. J’ai vu que, comme l’année drenière, il n’y avait pas foule pour OLivier ADam, ça m’étonne à chaque fois. Et as-tu fini par croisé un membre de Babélio? Moi, j’ai sauté sur le premier T-shirt Babélio croisé et c’était Pierre.

    • constance93 dit :

      je n’en ai pas vu un seul, dommage.
      il n’y avait pas foule, mais ça reste la vedette du stand de l’Olivier apparemment 🙂
      et puis, il fait pas mal de salons du livre cet auteur…

  8. wens. dit :

    Quel marathon! bravo et merci pour le compte rendu

  9. Manu dit :

    Ouah, ça c’est du rendement 🙂
    J’avais très envie de venir cette année mais hélas, j’ai dû me faire opérer des dents de sagesse à la place ! Ce sera pour l’année prochaine j’espère !

    • constance93 dit :

      oui, sûrement.
      je ne sais pas si j’y retourne l’année prochaine. Bretagne – Paris, ça fait loin (et cher !), et puis ça dépendra de mon emploi du temps aussi. je m’y rendrai par contre plus sûrement en nocturne s’ils renouvèlent le vendredi jusqu’à 23h comme cette année : apparemment, c’était bien plus tranquille. les après-midi du samedi et du dimanche, c’est intenable !

  10. Fransoaz dit :

    Ce n’est pas un salon, c’est un marathon!
    J’aime beaucoup ces compte-rendus; on se perd dans la foule, on rencontre les auteurs, on discute le bout de gras avec les autres « littérophages »… et tout ça par procuration!

  11. Shanaa dit :

    Super compte rendu constance. Tu as bien profité du salon cela fait plaisir 🙂

  12. dasola dit :

    Bonjour Constance, le Salon du livre est aussi très bien nocturne (vendredi soir) comme je l’ai fait mais il faut habiter Paris (c’est mon luxe) et les auteurs étaient nombreux. Je regrette donc néanmoins de n’être pas allée au salon dimanche pour Ian Mc Ewan et samedi pour Henning Mankell. Mais l’entrée, plein tarif (9euros) est très chère. En tout cas, tu as profité de tes deux jours, c’est l’essentiel. Bonne après-midi.

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