Rencontre avec Véronique Ovaldé à Saint-Brieuc (22) le 26/10/2012

Véronique Ovaldé était présente à la médiathèque de Saint-Brieuc pour parler avec ses lecteurs de son dernier roman, Des Vies d’oiseaux. Vous pouvez lire ma chronique de ce livre sur ce blog.

Très vite, l’écrivain nous parle de la manière dont elles fabriquent ces personnages. Pour elle, ils prennent très vite une logique à eux et s’inscrivent dans un processus de dévoilement face à l’opacité des hommes. Un des aspects qui l’intéresse particulièrement est le regard que ces personnages portent les uns sur les autres. Plus tard, quand elle revient sur la question des personnages, elle nous explique qu’à partir du moment où un certain nombre de traits leur est défini, on ne peut plus lui faire faire n’importe quoi, car le personnage doit agir de manière cohérente, en accord avec sa personnalité telle qu’elle a été présentée au lecteur.

Le début de son roman correspond à un moment de crise pour son personnage Vida : elle est confrontée à la question de ses origines et est en plein déni du départ de sa fille. Peu à peu, la question qui se détache du roman est plus générale : c’est celle de la prise des conscience des entraves et du désir de se libérer en passant par l’autre (une « nécessité »).

L’écriture de Véronique Ovaldé est, pour elle, un travail de coupe. Des Vies d’oiseaux, comme beaucoup d’autres de ses romans, est une très longue histoire qu’elle a coupée. Elle sait donc bien plus de choses sur les personnages et leur histoire que ce qui nous en est dit dans le roman. Elle prend l’exemple d’Adolfo, ce jeune homme au charme mystérieux qui vole de maison vide en maison vide pour y faire son nid pendant quelques semaines. Nous savons finalement peu de choses de lui, notamment sur son enfance, réduite presque uniquement à cette scène de chasse au bison qui incarne le drame de sa vie.

Elle évoque aussi le travail de la voix narrative dans ses textes. Des Vies d’oiseaux a en effet d’abord été écrit sous forme de roman polyphonique : chacun des personnages principaux du roman parlait en son nom, en disant « je ». Pour l’auteur, c’était un travail de style, car « un inspecteur de police ne parle pas comme une adolescente ». Mais les voix se sont révélées écrasantes, et l’auteur a eut l’impression qu’elle n’écrivait plus avec sa voix propre, alors elle a réécrit son texte avec un narrateur externe.

Véronique Ovaldé est ensuite amenée à parler des villes qu’elle créé dans ses romans. Elle nous explique d’abord qu’elle invente ces lieux car elle ne veut pas parler du réel « au coin de la rue » car pour elle le sujet assèche l’imagination. Pour revenir sur les villes dans Des Vies d’oiseaux, elle expose son choix de les situer en Amérique latine de part ses racines basques (une partie de sa famille, comme d’autres de son peuple, à émigré sur le continent sud-américain), de part la littérature qu’elle a fréquentée et de part ses liens avec les émigrés latino-américains. Si elle donne des noms courants à ses villes (Villanueva et Irigoy), c’est pour leur donner l’impression d’exister, qu’elles soient vraisemblables. Irigoy est aussi porteuse de la mythologie de la ville sauvage, ajoute-t-elle.

Ces villes imaginées correspondent à un besoin d’inventer pour l’auteur. Elle ne part jamais d’un fait réel et ne recherche pas un « sujet » pour son roman. Pour autant, elle rechigne à la perception des critiques et des lecteurs qui pensent que « l’invention » est synonyme de « conte ». Elle n’aime pas le terme de conteuse qu’on lui donne : pour elle, elle est romancière et la fiction et l’invention sont au coeur de l’écriture romanesque.

Plus d’un an après la publication de son roman, Véronique Ovaldé s’est révélée capable d’en parler avec tout autant de précision et d’enthousiasme. Elle a répondu à toutes les questions que le public voulait lui poser à la fin, et il y en a eut beaucoup. Elle a également pris le temps de parler personnellement avec chaque lecteur qui a voulu une dédicace sur leur exemplaire d’un des ouvrages de l’auteur. Une rencontre sympathique, une fois de plus.

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
Cet article a été publié dans quelques aventures livresques (rencontres, festivals, prix...). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Rencontre avec Véronique Ovaldé à Saint-Brieuc (22) le 26/10/2012

  1. anne7500 dit :

    Aaaah il faut que j’extirpe Vera Candida de ma PAL…

  2. liliba2 dit :

    Eh bien tu en as rencontré du beau monde, récemment !!!

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