L’amour sans le faire, de Serge Joncour

Tendresse retrouvée

 Dans son dernier roman, Serge Joncour développe sur trois cents pages le thème du retour aux sources. Après dix ans sans aucun contact, Franck revient soudainement chez ses parents suite à un appel où la voix d’un enfant l’a remué au plus profond de lui-même. Alexandre, comme son frère disparu.

Ce retour qui aurait dû permettre de renouer les liens avec ses parents prend très vite la forme d’un nouveau départ. C’est l’histoire d’un lien fraternel qui se recréé. On s’y perdrait, tout comme les parents s’y perdent un peu, identifiant cet enfant que leur belle-fille leur a laissé comme le leur, celui qui est mort quelques années plus tôt. Quelle idée étrange de lui donner ce nom, à lui qui n’est le fils de personne, ou plutôt celui d’un motard inconnu qui poursuit Louise malgré ses refus, un homme qui reste sur sa route quand elle n’y veut personne.

Ce sont des personnages en souffrance que Serge Joncour donne à voir dans son roman. Ils le sont une grande partie du récit, même si chacun leur tour ils se reconstruisent et atteignent ensemble un bout de bonheur. Les uns en face des autres, mais surtout envahi par la présence fébrile du petit garçon, ils se remettent en cause.

Ce qui se donne à voir l’air de rien, c’est la (re)composition d’une famille décousue. La solitude de Louise et Franck, chacun dans leur ville, disparaît dans la maison familiale que les grands-parents leur ont laissé. Le souvenir de l’Alexandre disparu est prégnant entre eux, et leur interdit de répondre à l’attirance qu’ils trouvent pour l’autre, mais en même temps lui aussi s’évapore car c’est autour de l’enfant que le lien s’établit avant tout.

La tendresse difficile qui apparaît entre les personnages, le soutien qu’ils s’apportent l’un l’autre, les réponses qu’ils se donnent sans rien se dire, tout ce dernier tiers du livre vient non pas atténuer la souffrance à l’oeuvre dans les deux premiers tiers, mais l’apaiser. Ce sont des personnages qui cherchent la paix avec eux-même dans le calme de la campagne que nous suivons.

Les questions de l’héritage, des liens familiaux et des traces que l’on veut laisser sur terre occupent l’esprit des personnages comme celui des lecteurs, mais c’est surtout celle du bonheur (re)trouvé qui s’impose au fil du récit.

Si ce roman n’a rien d’exceptionnel, qu’il ne s’y passe pas grand chose et que l’écriture peut sembler un peu trop sentimentale, presque grandiloquente, il y a une très belle tendresse qui s’y installe et dans laquelle on voudrait bien rentrer.

L’amour sans le faire

de Serge Joncour

ed Flammarion

22 août 2012

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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3 commentaires pour L’amour sans le faire, de Serge Joncour

  1. anne7500 dit :

    Un livre que j’aimerais lire ! Et qui nous donne l’occasion de te retrouver…

  2. denis dit :

    j’ai prévu de le lire prochainement

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