Confession d’un apprenti gangster, d’Axl Cendres

Aujourd’hui, je vais vous présenter un autre roman des éditions Sarbacane, spécialisées dans la jeunesse et les jeunes adultes. Vous allez dire que je ne lis que ça en ce moment, mais ce n’est pas tout à fait le cas : ce sont seulement des livres dont j’ai envie de vous parler à peine la dernière page tournée, et c’est ce que j’essaye de faire. D’autres attendent pour être chroniquer…

100 pages de banditisme

Une des couleurs éditoriales de la collection Exprim’ tourne autour du roman d’action contemporain qui nous plonge dans un monde de flics et de gangsters un brin réaliste et un poil extravagant (à dose variable), la plupart du temps présenté dans un tour ironique, plein d’humour et décalé. Je vous ai par exemple parlé récemment de 50 cents, un premier roman de Thomas Carreras.

Confession d’un apprenti gangster, une parution récente signée Axl Cendres, un des auteurs fétiches de la maison d’édition, se situe un peu dans la même veine. Cette fois-ci, nous sommes en France auprès du fils adolescent d’un gangster célèbre emprisonné depuis la naissance de notre héros.

Après une enfance passée auprès « d’oncles » originaux à la profession trouble, surveillée par une mère protectrice et rythmée par les visites en prison, d’abord à Fleury-Mérogis, cet endroit où l’enfant se demande « Elles sont où, les fleurs ? », puis à Brest, l’adolescent découvre peu à peu l’histoire de son père jusqu’à s’y identifier et s’y perdre complètement. Le banditisme est la seule voie qui semble s’ouvrir à lui, et notre héros possède toutes les qualités cérébrales, un esprit brillant et une intelligence pratique, pour la pratiquer intensément.

C’est naturellement qu’il s’y tourne, jusqu’à un point de non-retour où il perd le contrôle de la situation et, en même temps, prend le temps de raconter son histoire à Elsa, une jeune fille qui se retrouve auprès de lui par le hasard des circonstances (ou presque) après l’avoir perdu de vue pendant des années. Il n’est pas le héros qu’il a voulu être pour elle, mais plutôt son bourreau. C’est à elle qu’il raconte ce qu’elle n’a jamais su et ce qu’il s’est passé depuis toutes ses années, l’engrenage vers la délinquance, la volonté d’en sortir et le retour incessant à ce monde néfaste.

Sous nos yeux se dessinent des personnages attachants, de la mère aimante au bandit raté, en passant par le groupe des oncles qui, à eux tous, cherchent à compenser la figure d’un père absent. Notre héros surtout est un jeune homme que nous découvrons rempli des a priori que la vie de son père passée en prison lui a donné. La prison offre une image forcément négative, forcément mauvaise, d’un parent qui pourtant aime son fils. Le fossé creusé entre eux cherche à être comblé par le héros adolescent qui fait ses choix en fonction de comment la société juge sa famille. Ce ne sont pas toujours les bons, mais c’est une voie toute tracée à laquelle le héros cherche parfois à échapper tout en s’y retrouvant à chaque fois.

En une centaine de pages, la Confession d’un apprenti gangster nous offre le récit d’un apprentissage vers la vie et l’indépendance vis-à-vis de ses choix. Cela fait parfois doucement sourire dans la volonté très didactique d’apprendre le Bien au lecteur. Il n’empêche que c’est efficace : l’apprentissage de la vie par notre apprenti gangster vient dire aux jeunes lecteurs la difficulté à faire les « bons choix », et déjà à savoir si ceux-ci existent vraiment. Le roman est construit de manière à faire de notre héros un exemple parlant, à la fois original et archétypique. Bref, c’est encore une fois un des bons récits dans les formats courts de Sarbacane. A lire, à offrir ou à recommander.

Confession d’un apprenti gangster

d’Axl Cendres

ed Sarbacane

94 pages

A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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Un commentaire pour Confession d’un apprenti gangster, d’Axl Cendres

  1. Gwenaëlle dit :

    D’Axl Cendres, j’ai lu La double vie de Bibow Bradley, que j’avais trouvé bien dans l’ensemble, avec quelques points faibles malgré tout. Mais le style m’avait plu alors un apprenti gangster, pourquoi pas?

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