Bilan du prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs

Aux environs du 15 Mars dernier, je partageais ici avec vous (dans un espèce de blog-it-express arrangé qui n’existe plus) une grande nouvelle : ma sélection parmi les jurés du prix Ouest France / Étonnants Voyageurs.

Pourquoi cette envie de participer à ce prix ? Je m’étais très bien vendue dans ma lettre en disant « je suis extrêmement motivée pour participer vraiment à l’élection d’un prix littéraire en général, celui des Étonnants Voyageurs Ouest France en particulier et si j’écris cette lettre, c’est parce que je suis toujours en demande d’expériences nouvelles particulièrement dans le domaine de la littérature qui m’intéresse plus que tout autre ». En vérité, ce n’est pas tant le prix lui-même qui m’intéressait mais la possibilité de rencontrer des lecteurs de mon âge, celle de lire des livres peu connus et contemporains, celle de défendre un livre du mieux que je le peux, celle de décider, en délibérant avec d’autres, d’un gagnant et celle de lire toujours plus et toujours mieux. Il y avait aussi cette chance que je pouvais avoir de rencontrer des auteurs de la sélection, notamment le lauréat.

Dans tous cas, ma lettre de motivation a, dirais-je, plutôt bien marché : à la mi-mars dernière donc, on m’a annoncé ma participation au jury des lecteurs de 15 à 20 ans. Vous pouvez demander à ma famille, j’étais totalement euphorique. Mes parents, eux, avaient oublié que je leur avais demandé l’autorisation d’amener cette lettre (seulement après l’avoir posté, cependant : il était hors de question d’essuyer un refus) en décembre dernier. Il étaient donc un peu perdu mais, étant donné mes antécédents en matière de prix littéraires et mon rythme de parole totalement incontrôlable, ils ont compris que c’était une bonne nouvelle et que je participais à un prix littéraire. J’ai finalement réussi à leur expliquer. Après, ça a été au tour des amis, qui heureusement me connaissent assez pour ne pas être étonnés de cette envie bizarre ni de la réussite apparemment (moi, je ne comprend pas où ils ont été cherché cette idée bizarre, mais bon, « [je] ne comprends pas les choses simples de la vie » toujours d’après eux donc peut-être que c’est eux qui ont raison de penser comme ça), du prof de français (plutôt intéressé et assez content que l’idée parte de lui : la littérature contemporaine avec cette aventure dans laquelle il a lancé la classe en début d’année et qui s’appelle le Goncourt des Lycéens, les étonnants voyageurs en évoquant juste au passage ce festival « que [je devais] absolument faire », il ne me restait plus que le prix à découvrir et là, merci internet et le site des Étonnants Voyageurs) et vous, bien sûr.

Vous vous rendez compte que depuis tout à l’heure je vous parle de ce qu’il s’est passé avant que le prix ne commence réellement ? Je suis trop bavarde mais si le gros avantage du blog, c’est qu’il n’y a pas de contraintes, alors je serai parti ailleurs dans un journal intime ou un truc tout aussi bidon raconter cette histoire. Mais vous pouvez abandonné ici si vous voulez, je ne vous en voudrai pas (même si ce qui suit est bien plus intéressant que la première partie).

Rentrons cette fois dans le vif du sujet : les lectures. Édition par édition, je reçois les livres, certains étiquetés « service presse », d’autres avec des pubs du bouquin à l’intérieur, certains aux couvertures splendides, d’autres à l’inévitable cadre rouge du Seuil ou couleur beige de Gallimard… Comme je dois tous les lire, je décide de les lire dans leur ordre d’arrivée, mais cet ordre importe peu au fond : c’est bien des livres que nous parlons. Et comme cet article est un bilan (on ne dirait pas, je sais), je vais me contenter de mettre des liens vers mes critiques personnelles disponibles éparpillées sur ce blog :

Saisons Sauvages de Kettly Mars, éditions Mercure de France. C’est vraiment un très beau livre mais certaines choses ont fait qu’il n’a pas été un coup de cœur, encore moins LE coup de cœur (pour savoir, voir critique).

La Mer Noire de Kéthévane Davrichewy, éditions Sabine Wespeiser. Le thème de l’exil est ici très bien abordé, dans un contexte précis cher à l’auteur : beaucoup d’émotion dans ce petit livre méritant mais pas tout à fait assez abouti dans la langue ni détaché de la mièvrerie pour mériter le prix… (voir critique)

Jour de tremblement de François Emmanuel. Je n’ai jamais vu de livres qui traduise aussi bien le sentiment de l’intemporalité. Le seul problème a été que l’intemporalité, ce n’est pas vraiment prenant (voir critique).

Le Londres-Louxor de Jakuta Alikavazovic. Un livre que je regrette de ne pas avoir vu passer au 2e délibérations car j’aurais aimé entendre Marion en parler à nouveau. Elle a changé mon regard et m’a persuadé des nombreuses qualités de ce livre avec brio. Une critique qui n’est donc plus mon point de vue.

La Disparition de Paris et sa Renaissance en Afrique de Martin Page. Vous savez quoi, ce livre est juste énorme. Rien d’autre. Ou plutôt si, beaucoup « d’autres », tellement que je ne peux en reparler ici donc passez voir ma critique si le coeur vous en dit.

Les Hommes-Couleurs de Cloé Korman. Je suis désolé pour ce premier roman, mais je n’ai pas réussi à arriver à son bout. (voir article)

Les Etoiles de Sidi Moumen de Mahi Binebine. Un livre sur lequel j’ai beaucoup changé au fil des débats mais qui n’a jamais été mon favori bien que celui de certains autres jurés. (voir critique)

Savoir-Vivre de Hédi Kaddour. Long débat intérieur pour établir les qualités et les défauts de ce livre. J’y ai trouvé des défauts : il ne pouvait être mon favori. (voir critique)

Le Diable-Dévot de Libar Fofana. Un début très trash, une fin très heureuse, un choc entre les deux. (voir critique)

Ru de Kim Thuy. Un livre que je regrette également de ne pas avoir vu au 2e délibérations pour la simple raison que nous n’avons pas vraiment eu le temps de s’appesantir dessus quand il le fallait… (voir critique)

Ces livres ont été lu par nous dix (les jurés) pour le 8 Mai, date des premières délibérations. Déjà, nous avons ce sentiment que nous n’avons pas assez de temps : nous nous connaissons à peine, nous n’avons que très peu de temps pour apprendre à nous connaître, nous devons aussi et surtout défendre nos favoris et pourtant, après un tour de table qui alliait à la fois présentation et à la fois exposition de notre point de vue ainsi que quelques échanges pour contrer les arguments des autres, mélanger nos points de vue, nous mettre d’accord, il faut déjà voter pour sauver nos cinq favoris. Mes choix ont évolué même si mon favori reste en tête et je suis maintenant disposée à sauver des livres qui m’avaient déplu au premier abord. Manque de pot, ces livres-là passent à la trappe quand même. Bon, nous en reparlerons par mail, puisque nous avons échangé nos adresses pour rester en contact jusqu’aux secondes délibérations.

Les secondes délibérations se font en plein milieu du festival Etonnants Voyageurs, le dimanche matin. Au programme, pas plus d’une heure de délibérations pour choisir le lauréat. Le temps presse, les avis divergent, personne n’est d’accord mais, avec deux tours, nous trouvons le lauréat idéal, notre lauréat : Martin Page pour La Disparition de Paris et sa Renaissance en Afrique. Remise de prix, déjeuner à l’hôtel Chateaubriand, journalistes… Tout s’enchaîne maintenant facilement devant un tel soulagement et un tel bonheur d’avoir trouvé le livre qui méritait le plus d’être récompensé.

Un bilan (vous me lisez encore ?) :

– une expérience enrichissante au contact des autres

– une chance de pouvoir exprimer haut et fort son avis

– une confiance en nous les jurés qui fait plaisir

– un clair manque de temps

– dix lectures variées, originales et intéressantes

– une responsabilité qui nous a été donné et que nous avons assumé

– un grand sourire du début à la fin

– une nostalgie qui commence déjà

– une gestion incroyable (grand merci à l’organisatrice)

– des rencontres inoubliables

– un travail collectif et solidaire

– une passion partagée de la meilleure des manières qui soit (l’échange)

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PS : je ne vous parle pas du festival Étonnants Voyageurs qui nous a été offert  : plus tard, dans un prochain billet…

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A propos constance

Constance est une étudiante bretonne de 20 ans. Elle tient ce blog depuis 3 ans et se dit passionnée de littérature en tous genres même si elle lit plutôt des romans. petiteslecturesentreamis@hotmail.fr
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3 commentaires pour Bilan du prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs

  1. gambadou dit :

    …et plein de photos de vous dans Ouest France, sur la plage, entourant l’heureux vainqueur

  2. Ping : L’heure d’un bilan s’impose | petites lectures entre amis

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